Gérard Berry et le 4ème élément

Le quatrième élément et le changement mental

Chers clients, chers Partenaires,

Gérard Berry est titulaire de la chaire «Algorithmes, machines et langages» au Collège de France. A l’occasion d’un cours avec comme thème «Où va l’informatique?», il a parlé de quatre éléments: la matière, l’énergie et les ondes. Puis du 4ème «larron» ……. l’information et son ombre l’algorithme.

En résumé, nous – dont le présent rédacteur – avons été formatés selon le triptyque suivant: avec l’industrialisation aux 18ème et 19ème siècles apparurent des théories sur la matière et l’énergie. Le développement des machines mues par la vapeur en est un bon exemple. Puis sont venues les ondes avec les télégraphes, la radio et enfin la télévision. Toute la pensée scientifique et technique a reposé sur ces 3 éléments. Le quatrième – en réalité un binôme composé de l’information et de son algorithme – est apparu vers 1950 (travaux de Church et de Turing): Son apparition a changé et change profondément le monde selon Gérard Berry. Pourquoi ? Parce que le caractère de l’information et de l’algorithme est universel. Et cette caractéristique est singulière. Elle n’existe ni en physique, ni en biologie, ni en histoire, … Pour mieux saisir sa pensée, Gérard Berry prend l’exemple de l’ordinateur qu’il appelle « machine universelle ». L’ordinateur qui analyse la météo est fondamentalement le même que celui qui commande un lave-vaisselle. La forme, la taille, la puissance de calcul ou encore le prix diffèrent. C’est tout.

Avec cette « machine universelle », l’information et l’algorithme de traitement renversent les paradigmes établis depuis longtemps. Il devient plus important de détenir l’information que la matière. Un exemple ? Uber où la matière est le véhicule alors que ce sont l’information et l’algorithme qui permettent la mise en relation de l’offre (des véhicules disponibles) et la demande (des voyageurs).

Nous pouvons concaténer des deux éléments – l’information et l’algorithme – en un seul terme qui prend enfin tout son sens : l’informatique. Cette informatique qui devient ainsi le centre de notre monde: elle capte, elle traite, elle conserve, elle diffuse des informations. Tout dysfonctionnement qu’elle subit (attaque, défaut de conception ou de fabrication, altération de données) a des conséquences graves.

Ainsi, ne pas définir la cybersécurité comme un enjeu majeur pour notre société revient à prendre un risque inconsidéré face aux conséquences. Toutefois, pour échapper à l’alarmisme ambiant, terminons sur des signes encourageants:

  • le RGPD offre l’opportunité d’analyser nos organisations et leur fonctionnement sous l’angle des flux de données. Les systèmes de gestion des entreprises (ISO, lean mangement, risk management, etc.) s’enrichissent d’une nouvelle approche : le data management
  • des écoles mettent en place des formations à l’attention des enfants pour les éduquer à l’utilisation des outils informatiques et aux dangers d’internet
  • l’apparition de cyber-assurances incitera les entreprises, les administrations et les individus à intégrer des comportements responsables face à l’utilisation de l’informatique.
No Comments

Laissez votre avis

Autres articles du blog