Hackathon des Rameaux

Article de Patrick Joset, paru dans l’AGEFI du 21 avril 2020

Le dimanche avant Pâques est traditionnellement celui des Rameaux. C’est le weekend choisi par les organisateurs du hackathon géant online dénommé VersusVirus. Du vendredi soir 3 avril jusqu’au dimanche 5 avril à 20 heures, 263 équipes composées en moyenne de cinq à six personnes ont développé des prototypes numériques ou analogiques fonctionnels permettant de contrer le virus avec des solutions tangibles.

En ces temps de confinement, et malgré la météo printanière, ce n’était pas trop contraignant d’être disponible pour collaborer en tant que mentor à cette belle opération. Le principe d’un hackathon est immuable: réunir à une date donnée et durant un weekend entier un maximum de personnes autour d’une question d’actualité en vue d’y apporter des réponses concrètes. En tant que participant, il s’agit de choisir, adhérer à un projet et contribuer concrètement à son succès. En tant que mentor, assister les équipes avec son expertise et ses compétences. Ou en tant qu’organisation ou institution, proposer des idées de projets. Enfin, en tant que jury, sélectionner et récompenser les meilleurs projets.

Patrick Joset, directeur ABISSA Informatique Genève SA
Patrick Joset, directeur ABISSA Informatique Genève. Il s’intéresse au hacakathon dans sa dernière contribution à l’AGEFI.

Habituellement, tout ceci a lieu dans une grande salle ou une aula d’école ou d’université, pour une course ininterrompue de 48 heures. Dans une grande ambiance de kermesse, avec des moments de détente sous forme de musique et autres animations. La particularité évidente de ce hackathon VersusVirus, c’est qu’il a eu lieu intégralement en ligne, sur la plateforme Slack, agrémentée de moult vidéo-conférences Zoom ou YouTube.

A l’aide des outils de prédilection des entrepreneurs à succès – méthodes agiles, workshops de design thinking, modélisation sur canvas avec des post-it numériques – les équipes ont élaboré en un temps record un nombre impressionnant de solutions viables. Et dans des domaines aussi variés que la protection des groupes à risque, la famille et les enfants, l’art et la culture, l’éducation, le support et la solidarité… Le démarrage vendredi soir et samedi matin a certes été un peu chaotique, les instructions n’étant pas toujours comprises ni suivies. Slack a bien tenu le choc, au contraire d’une autre plateforme qui a connu un grand moment de solitude. Mais au final l’esprit start-up a parfaitement fonctionné. Toutes les équipes méritent le respect pour ce qu’elles ont accompli. L’événement a provoqué un engouement et un engagement extraordinaires des participants, mentors et organisateurs. Avec, au détour d’un commentaire ou d’un fil de discussions, quelques belles surprises. Comme les aides bienvenues de plusieurs de nos parlementaires fédéraux pour répondre à des questions parfois pointues sur les particularités de l’environnement suisse. Ou les interventions en live et très appréciées de deux de nos conseillers fédéraux: Alain Berset et Guy Parmelin.

Mais un hackathon ne s’arrête pas après la publication des résultats. Les projets les plus prometteurs peuvent bénéficier d’une aide et d’un soutien bienvenus pour avancer vers une solution viable qui pourra être implémentée. En l’occurrence, il faut faire vite, ce virus semble installé pour un bout de temps…

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