La gouvernance avec Microsoft AZURE pour maîtriser vos coûts de cloud computing

La gouvernance sous Azure traite des charges induises par l’utilisation des services cloud, de leur identification et de leur gestion. maîtrise des coûts constitue de tout temps une priorité pour le management d’une entreprise. La pandémie de la COVID-19, avec le home office, va vraisemblablement accélérer la migration des entreprises vers la digitalisation. Un mot vient spontanément à l’esprit : le cloud computing et ses avantages. Et parmi eux, les coûts.

Aujourd’hui, nous avons demandé Nicolas Wipfli, Consultant Cloud AWS et Azure chez ABISSA Informatique Group Bechtle, de partager son expérience quant à un aspect insuffisamment exploité : la maîtrise des coûts dans un environnement Microsoft Azure (gouvernance).

Avant d’aborder le vif du sujet, pouvez-vous dresser la liste des coûts induits par le cloud ?

Cela concerne l’utilisation des machines virtuelles (calculé à la seconde), de l’utilisation d’un espace de stockage, des services managés tel que Azure Kubernetes Service ou encore de la quantité de données sortant du cloud. En effet, si nous ne payons pas les données qui entrent dans le cloud, en revanche nous payons celles qui en sortent. Ce ne sont que quelques exemples.

Question complémentaire : par rapport à une solution in house/on premises, qu’est-ce qui distingue fondamentalement les coûts du cloud ?

Nous pouvons déjà certainement citer la facturation des données qui sortent du cloud. En contrepartie, les éléments qui sont bien souvent négligés dans la comparaison, et même pour le calcul du Total Cost Ownership (TCO), sont le temps que passent les ingénieurs à maintenir une infrastructure on-premises alors que c’est du temps économisé dans le cloud. Il y a également l’électricité ou même la location de l’espace dans un environnement on-premises.

Parmi les raisons qui poussent les entreprises à migrer leurs services vers le cloud, figurent les coûts. Le client paie ce qu’il consomme et évite de procéder à des investissements. Alors pourquoi parler de maîtrise des coûts ou de leur gouvernance ?

Nicolas Wipfli Consultant Cloud AWS et Azure  Lausanne Genève photo
La gouvernance des coûts avec Nicolas Wipfli est Consultant Cloud AWS et Azure

Avant toute chose, je pense que c’est une mauvaise stratégie d’envisager l’utilisation du cloud dans le simple but de réduire les coûts. Cela ne doit pas être la raison principale. Il faut, dans un premier temps, voir le cloud comme une opportunité d’être plus flexible dans le développement de ses produits, de gagner en potentiel d’innovation en raison de cette flexibilité, ainsi qu’un gain de temps, et donc finalement de considérablement améliorer son Go To Market, ce que toute société essaie de faire.

Prenons l’exemple d’une application que vous devez tester avec des serveurs. Il vous en coûtera le même prix que vous preniez 2 serveurs pendant 5 mois ou que vous preniez 10 serveurs durant 1 mois. Mais le temps sera réduit et, de nos jours, ce temps est un élément important pour toutes les sociétés qui se veulent concurrentielles.

La réduction de coût vient ensuite avec la modernisation des applications et des infrastructures afin de s’appuyer au plus proche des services natifs cloud.

Cela étant dit, il est très facile et rapide de déployer ne serait-ce qu’un ou plusieurs serveurs virtuels dans le cloud et ensuite d’oublier de les supprimer une fois les essais terminés, ou même de ne pas les éteindre le soir ou les week-end (en fonction du service pour lequel ils sont dédiés). Cette façon de faire amène à une croissance exponentielle des coûts mensuels que je peux voir chez plusieurs clients.

Alors que peut-on faire ?

Dans le cadre de la gouvernance, Microsoft fournit des outils comme le Cost Management ou même les Tag. Le premier vous permet d’obtenir une vue détaillée des coûts par ressource déployée, par type de service ou encore par géographie où ces ressources sont déployées. Mais la première chose, qui est l’une des plus importantes, est d’abord de définir une politique de Tag alors que ce n’est justement pas quelque chose qui se fait dans les infrastructures on-premises. Un Tag est une sorte d’étiquette avec une valeur. Il est possible d’en assigner plusieurs par ressource. Les étiquettes “cost center”=”12345”, “environment”=”production”, “service”=”web” ou encore ”contact”=”nicolas@domain.ch” en sont que quelques exemples. Ceci vous permet ensuite de comprendre parfaitement où vos dépenses se font.

La gouvernance des coûts peut sembler théoriques. Parlons d’exemples concrets :

Premier cas de figure, une entreprise décide de migrer vers le cloud. A quoi, doit-elle penser en amont ? Comment doit-elle concevoir son projet ?

Elle doit tout d’abord faire une analyse de ses services qui tournent dans son infrastructure on-premises et comprendre quelles en sont leurs imbrications.

Elle doit ensuite se demander pour chacun de ces services s’il est possible de les remplacer par une éventuelle solution Software as a Service (SaaS). Et, si non, est-il possible de faire appel à un service Platform as a Service (PaaS) dans le cloud, telle qu’une base de données managée SQL, plutôt que de déployer un serveur dans le cloud pour installer et devoir gérer sa base de données.

Il n’existe pas une seule solution qui s’applique à tous les scénarios.

Deuxième cas de figure : le client utilise déjà les services du cloud. Que doit-elle faire pour identifier les coûts et le cas échéant les maîtriser ?

Tout d’abord s’assurer que les Tag mentionnés précédemment soient mis en place afin d’avoir une meilleure visibilité.

Ensuite il faut aussi se demander si les taux d’utilisation des serveurs dans le cloud sont appropriés. En effet, je vois des clients ayant des infrastructures cloud avec une moyenne de 3% dans le taux d’utilisation des CPU des serveurs. Pourquoi ? Parce qu’ils ont l’habitude des environnements on-premises et donc de configurer les serveurs au maximum de ce que leurs applications pourraient demander. Mais c’est une erreur car dans un environnement cloud il faudrait que les serveurs aient un pourcentage d’utilisation des CPU autour de 80% puisqu’il est possible de faire ce que l’on appelle de l’auto-scaling.

Donc un serveur étant sollicité à 3% signifie que vous l’avez surdimensionné, et que vous payez trop.

Ensuite, en fonction de l’utilisation de vos serveurs, et si ces derniers doivent constamment être allumés et ceci pendant des mois ou des années, pourquoi ne pas réserver ces ressources sur 1 ou 3 ans. La réservation de machines virtuelles est un engagement à utiliser ces dernières sur 1 ou 3 ans. En contrepartie, vous bénéficiez d’une réduction de prix qui peut dans certaines configurations approcher les 70%.

Pour les serveurs de développement qui peuvent être interrompus à tout moment et pour lesquels l’utilisation est flexible, vous pouvez même faire appel à ce que l’on appelle les Spot instance qui sont des serveurs non utilisés et pour lesquels vous définissez un prix. C’est comme à la bourse, tant que le prix d’utilisation du serveur reste en dessous de votre prix, vous en bénéficiez. Aussitôt que le prix monte en raison de la demande, alors vous ne bénéficiez plus du serveur. En contrepartie les réductions de coûts peuvent atteindre 90% en fonction du type de serveur et de la géographie où il se trouve.

Dans les deux cas, que pouvez-vous apporter comme plus-value ? Quel est le bénéfice de recourir à un consultant externe ?

Je peux accompagner les entreprises afin de les aider à mieux définir leurs coûts actuels dans l’utilisation du cloud et apporter des propositions afin de les réduire. Il existe une multitude de services dans le cloud Azure et il est très souvent difficile pour une société de s’y retrouver. Je suis justement là pour les aider à faire les meilleurs choix, notamment dans la gouvernance des coûts.

Je peux tout aussi bien m’appuyer sur des solutions natives Azure pour le contrôle des coûts ou alors dans certaines infrastructures volumineuses, je peux m’appuyer sur des solutions tierces comme je le fais actuellement pour un client avec plusieurs milliers de ressources dans le cloud.

Pour tout renseignement: nicolas.wipfli@abissa.ch ou 079/709 49 77

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